| L’Abbaye aux Dames de Saintes est un lieu privilégié qui crée rapidement une accoutumance chez le musicien comme le mélomane. Le premier puise dans la sérénité de l’Abbaye le recueillement indispensable à sa concentration et son travail, le second y éprouve des sensations musicales et des émotions multiples que chaque heure de la journée teinte d’une couleur particulière : le soleil de midi et Bach, l’envoûtement des concerts “en rond” du Huelgas Ensemble, l’intimité des concerts de la nuit, les concerts d’après-midi dans les églises romanes de la région… La découverte fait partie du plaisir et d’autres contrées musicales peuvent être explorées: la narration d’Adam de la Halle par les trouvères du XIIIe siècle trouvera cet été un écho lointain dans l’épopée poétique contemporaine d’Alexandros Markeas, les pianos et le clavecin seront rejoints cette année par une kyrielle d’instruments peu entendus à Saintes comme le cymbalum, le clavicorde, la domra et le bouzouki, jusqu’à l’iconoclaste guitare électrique ! On retrouvera Damien Guillon, particulièrement remarqué l’an passé et cette année en résidence, passant tour à tour du méconnu Erlebach au Bach des cantates mais aussi transcripteur du Stabat Mater de Pergolese. Une autre curiosité: Schubert vient cette année s’immiscer dans un spectacle théâtral sobre et douloureux, étrangement intitulé Repos (Ruhe). A cette occasion encore, le Collegium Vocale Gent, puisque c’est sur lui que repose la partie musicale, nous fera entendre quel organe protéiforme il est, apportant la couleur ad hoc, ici à Bach, là à Bruckner. De ce dernier, outre la messe avec vents et les motets, la mystique huitième symphonie sera le point d’orgue du festival. Aux côtés de ces deux ménestrels de Dieu – selon le mot de Liszt –, Olivier Messiaen rejoindra ces cimes musicales pour un discret anniversaire. Stephan Maciejewski Directeur artistique TELECHARGEZ LA PLAQUETTE DU FESTIVAL 100 dpi (Haut Débit conseillé) 72 dpi |