Festival de Saintes 2019

49 ans de Festival...

Il y a 49 ans, Saintes vivait une double renaissance : celle de l’Abbaye aux Dames et celle de la musique ancienne avec le festival de musique. Une nouvelle génération de musiciens émergeait (Philippe Herreweghe, …) et avec elle un nouvel état d’esprit : une liberté de ton, de création, une programmation originale, une convivialité inédite des relations avec le public.
Le Festival de Saintes a fait vivre et fructifier ses singularités. Elles sont aujourd’hui une véritable marque de fabrique.
Hors la démesure, en intimité, quelques 30 concerts, des conférences, des ateliers, des répétitions, il y a 8 jours et mille façons de goûter le festival.

2021

Le Festival de Saintes est dans la force de l’âge. Il traverse un demi-siècle au gré d’événements sur lesquels sa solidité et sa renommée n’ont guère de prise, toujours porté par la curiosité et la fidélité du public.
La crise sanitaire nous a obligés à nous adapter, à nous réinventer. Ainsi est né le LABO 2020, moment exceptionnel, né du choix de reporter un grand nombre de concerts, pour en présenter neuf dans un habillage visuel et sonore inédit.
L’enthousiasme avec lequel vous avez partagé, sur place ou très loin, ces moments de grâce nous encourage à poursuivre les captations et les retransmissions.
La cinquantième édition ne sera ainsi « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ».
Abbatiale comble, jauge limitée ou salle de concert sans public, à l’heure de mettre sous presse, tout reste ouvert. Pour cette édition particulière, comme en 2020, les équipes du festival s’adapteront aux consignes gouvernementales pour vous accueillir dans les meilleures conditions. Nous souhaitons de tout cœur donner l’intégralité des concerts programmés.
Nous vous laissons découvrir le contenu de ce 50e festival avec la certitude que vous pourrez les entendre d’une façon ou d’une autre.
Stephan Maciejewski, directeur artistique

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2020

Parce que la musique nous lie et nous fait vivre, le Festival de Saintes crée le LABO 2020.
Pour faire face à la crise sanitaire Covid 19, le Festival de Saintes se réinvente.
Du 18 au 25 juillet prochains, 9 expériences inédites de concerts seront proposées dans LE LABO 2020 du Festival de Saintes. Ce format spécial et inédit marque l’engagement des équipes de l’Abbaye pour faire vivre la musique quel que soit le contexte. Ici, on imagine, on explore, on expérimente
entre instruments anciens et outils du numérique !
En formation très resserrée ou en ensemble plus élaboré, les musiciens physiquement présents à Saintes joueront dans l’abbatiale.
Différents moyens de diffusion seront exploités pour partager la musique avec des publics très variés : avec un casque en son binaural dans un transat, sur grand écran dans les jardins de l’Abbaye, dans le cadre de retransmissions en EHPAD, à la télévision et la radio, sur les réseaux sociaux, hors les murs de l’Abbaye dans les villages alentour… Les concerts donnés à l’Abbaye feront l’objet d’une captation son et vidéo avec mise en scène et making off.
De son histoire plus que millénaire, l’Abbaye aux Dames a toujours su découvrir les chemins de la renaissance et de la beauté. L’esprit d’innovation et la recherche d’excellence ont animé les équipes dans la conception de ce programme.
Solidarité avec les musiciens, complicité avec les publics d’ici et d’ailleurs, la musique nous lie et nous fait vivre.

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2019

festival 2019

Que vous soyez un mélomane averti ou un néophyte, et si cela n’est déjà fait, vous viendrez un jour à Saintes.
Et venir à Saintes, c’est entrer en musique avec des chefs-d’oeuvre universels tels que la musique symphonique de Mozart, Haydn, Dvoàk et Brahms, les motets de Bach, la Jeune fille et la Mort de Schubert et bien d’autres.
Mais c’est aussi s’ouvrir à la création. Le festival a toujours eu à cœur de rechercher et produire des œuvres rares ou inconnues.
Certes, Philippe Hersant nous gratifiera d’un nouvel opus, mais il y a tant et tant à chercher dans cinq siècles de musique dite savante.
J’en prendrai pour exemples le concert de l’Achéron qui improvisera sur des pièces célèbres en leur temps, le seul livre de madrigaux
de Kapsberger, les constructions inouïes de Graindelavoix et de Solazzo Ensemble (qui va bouleverser votre écoute de la musique médiévale) et enfin, ou plutôt en concert d’ouverture, Hervé Niquet dirigeant à 360°, public au centre, des merveilles d’Orazio Benevolo, après en avoir réalisé un enregistrement qui a stupéfié public et critique.
Tous les chemins mènent à l’abbaye, routes connues et balisées ou chemins de traverse, à vous de choisir.
Stephan Maciejewski, directeur artistique

> Livre programme

2018

Visuel Festival de Saintes 2018 ©Léa Parvéry

Toujours dédié à la musique de Bach, le Festival de Saintes traversera cette année la Manche pour donner voix aux ensembles ou compositeurs britanniques.
Vous découvrirez le sombre XVIIe siècle anglais avec l’incomparable Lucile Richardot et l’ensemble Correspondances, les cantates de jeunesse et les incontournables Water Music de Haendel, un bouquet de mélodies anglaises offert par Carolyn Sampson et l’exceptionnel VOCES8 dans un programme surprenant !
La voix est plus que jamais présente cette année : Lea Desandre, Deborah Cachet, les solistes des ensembles de Gli Angeli Genève, le Banquet Céleste, Vox Luminis au service des cantates de Bach, ou encore Graindelavoix et la Maîtrise de Radio France.
Quelques surprises aussi avec un opéra inédit de Destouches, un récital nocturne consacré au piano de Philip Glass, des compositeurs inconnus contemporains de Beethoven par le JOA et Thomas Dunford accompagné de son nouvel ensemble qui ouvrira le festival avec Vivaldi.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2017

Festival de Saintes 2017Le Festival de Saintes a une dévotion pour la musique de Johann Sebastian Bach.
L’édition 2017 n’y fera pas exception et rendra hommage au Kantor, par la grâce de Vox Luminis, Gli Angeli ou Benjamin Alard.
Mais cette année sera également marquée par la présence de ses quasi contemporains Vivaldi, Haendel et Telemann, compositeurs assez peu joués au festival.
Vous reconnaîtrez sûrement certains des protagonistes 2017.
Vous allez en rencontrer beaucoup d’autres, certains très jeunes, d’autres à la carrière musicale déjà très établie.
Le festival ne se limite pas aux concerts de l’abbaye : concerts de 16 h 30 dans les lieux atypiques de la région, conférences, répétitions publiques. Vous pouvez aussi proposer de nombreuses activités à vos enfants : accompagnez-les à leur premier concert, inscrivez-les en stage de chant pour une semaine ou faites-les tout simplement participer au blog du festival.
À peine franchi le porche de l’Abbaye aux Dames, la bien nommée cité musicale, vous serez, je l’espère, conquis par cette 46e édition, mosaïque d’intenses moments musicaux.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2016

Festival de Saintes 2016

L’édition 2016 du Festival de Saintes se place sous le signe des retrouvailles : Véronique Gens n’était pas revenue à Saintes depuis les Leçons de Ténèbres données il y a plus de vingt ans avec Christophe Rousset.
L’Ensemble Mala Punica champion de l’Ars Subtilior partout dans le monde revient avec un programme à la signification très actuelle.
Retour d’un chef-d’oeuvre : les Vêpres de Monteverdi n’ont pas été jouées depuis 30 ans au festival. C’est la Tempête, jeune ensemble mais néanmoins déjà très remarqué, sous la direction de Simon-Pierre Bestion, qui aura l’honneur d’interpréter ce chef-d’œuvre. Françoise Rivalland, Marc Minkowski, l’ensemble Intercontemporain ou Graindelavoix seront aussi de retour pour cette édition.
De jeunes interprètes et de jeunes ensembles comme Jean-Luc Ho, Camille Thomas, L’Achéron, l’ensemble Masques ou les Cyclopes viendront, eux, se produire à Saintes pour la première fois. Après une courte absence de deux ans, la Cappella Mediterranea, sous la direction de Leonardo García Alarcón nous donnera un pasticcio d’airs de Cavalli.
Mais Saintes, ce sont également des artistes en résidence avec Vox Luminis qui donnera King Arthur de Purcell (une première au festival), Nevermind, le JOA dans la Symphonie Fantastique de Berlioz, l’Orchestre des Champs-Élysées sous la direction de Philippe Herreweghe, last but not least…

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2015

Festival de Saintes 2015Parce que Saintes a toujours été le lieu idéal pour faire des découvertes ou tenter des aventures, les artistes invités cette année vont convoquer des compositeurs qui ne nous sont pas forcément familiers ici.
Qu’on en juge plutôt : Borodine avec le clarinettiste Raphaël Sévère, Erik Satie et John Cage chez Alexeï Lubimov, Fux avec Vox Luminis, la merveilleuse Petite Messe de Rossini de l’ensemble Aedes, et pour finir les premiers Wagner et Strauss de Philippe Herreweghe.
Nous accueillerons le premier concerto de Maude Gratton, les transcriptions du violon ou du luth de Jean Rondeau et de jeunes ensembles qui foulent pour la première fois le sol de l’abbaye (Cambini, Gli Angeli, La Main Harmonique, Faenza…).
Enfin, vous ne manquerez pas la fabuleuse restitution musicale des fastes du mariage de Louis XIV que donne Sébastien Daucé, dont l’ensemble résida à Saintes avant de devenir Correspondances.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2014

Festival de Saintes 2014La musique vocale retrouve cette année à Saintes une place prépondérante. De Caelis fait un grand saut spatio-temporel, entre Hildegard von Bingen et Zad Moultaka. Des derniers feux de la renaissance espagnole avec Huelgas, jusqu’aux mélodies françaises de la Grande Guerre chantées par Isabelle Druet. Toutes les époques et formes seront représentées.
Céline Scheen chante Barbara Strozzi. Leonardo García Alarcón présente enfin son Diluvio à Saintes. On retrouve Hervé Niquet dans Couperin, ou un pasticciod’opéras de Rameau enlevé par les Folies Françoises.

De nombreuses découvertes viendront aussi bousculer votre été festivalier :
– le Janácek vibrant de poésie du Collegium Vocale,
– le bouillant Scarlatti de la révélation Jean Rondeau,
– Bach au piano sous les doigts d’Alexandre Tharaud et de Jean-François Heisser,
– la grâce de la toute jeune Beatrice Rana,
– Nina Simone revue et apprivoisée par Sonia Wieder-Atherton.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2013

Festival de Saintes 2013Avec l’édition 2013 du festival, l’horizon musical s’élargit. Cette année, l’Abbaye aux Dames inspirera justement de nombreuses musiciennes, que ce soient Dorsaf Hamdani, Marie-Elisabeth Hecker, Christine Busch, Catherine Simonpietri, Nicola Boud, Florence Malgoire, les chanteuses de De Caelis, celles des Cris de Paris, ou la si subtile Rosemary Standley.
Force est de constater, encore et toujours, que l’acoustique de l’abbaye fait aussi bien sonner Bach (tant au chœur qu’au violon ou à l’alto), la musique d’un orient immémorial et raffiné distillée par Jordi Savall, ou encore les grandes architectures orchestrales de Brahms et Mahler.
Que me soit donc donnée l’occasion de rappeler ici le principe fondateur du festival de l’Abbaye aux Dames de Saintes : donner à entendre des musiques à la hauteur de cet édifice.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2012

Festival de Saintes 2012À plus de quarante ans, le Festival de Saintes a atteint sa pleine maturité. Loin des querelles esthétiques, ou des vaines orthodoxies, il s’épanouit dans le site merveilleux de l’Abbaye aux Dames et convie toutes générations de musiciens à exprimer leur vision de la musique.
Cette année, Saintes fera la part belle au clavecin, aux jeunes ensembles et interprètes, à Bach et à Schubert qui sera joué, au piano comme au pianoforte, transcrit, décliné en formation de chambre et à l’orchestre.
À travers tant de belles découvertes de répertoires et d’artistes, Saintes compte bien rester à l’écoute d’un monde musical d’aujourd’hui, exigeant et varié.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2011

Festival de Saintes 2011Il n’y a pas d’heure pour les amoureux de la musique. Et surtout pas à Saintes, où, depuis 40 ans, le festival propose un vrai bain de musique, y compris aux heures chaudes de l’après-midi, pourtant propices à la sieste, lors des répétitions ouvertes à tous.
De plus, le festival propose cette année un nouveau rendez-vous : dès le matin avec des concerts plus courts, vous pourrez faire connaissance avec des œuvres rares et des artistes jamais venus au festival. Ainsi, au gré des concerts, des premières heures du jour jusque tard dans la nuit, laissez-vous surprendre par la cithare de Liu Fang, les lectures sur pianoforte de Jean-François Heisser et Vanessa Wagner, le charme vocal et le charisme de Julian Prégardien, digne fils de son père, la sonorité inouïe de l’ensemble Graindelavoix, la présence magique d’Hana Blažiková, familière des festivaliers, ou encore la folie contagieuse de la fanfare Ciocarlia. Enfin, ne manquez pas les confrontations musicales, qui sont depuis toujours la “marque de fabrique” du festival : Kagel /Brahms, Hersant /
Bach, Debussy /Murail, Messiaen/Schönberg et bien d’autres.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2010

Festival de Saintes 2010La trente-neuvième édition du festival de Saintes prend place dans le cadre largement rénové de l’Abbaye aux Dames. L’accueil-billetterie et l’Abboutique désormais situés en son cœur répondront mieux aux attentes du public tandis que le bar des Amis du Festival dominera le site de sa vue imprenable sur la cour. De midi à minuit, la musique prendra naturellement et presque exclusivement ses quartiers à l’Abbaye pour une trentaine de concerts riches de découvertes : en contrepoint des grands rendez-vous qui signent le festival, des œuvres de musiques d’aujourd’hui entrent en résonance ou en contraste avec celles du passé (Zender / Schubert, Moultaka / Rossi, le très atypique 12 fois 12), tandis que la musique pour clavier (Tasto Solo, le pianoforte de Bezuidenhout, le clavecin de Rousset…) sera proposée en une séduisante déclinaison. Fidèle à ses habitudes, le festival accueille de nombreux jeunes artistes et ensembles venus d’horizons fort différents : la prodigieuse soprano Julia Lezhneva, le pianiste Adam Laloum fraîchement récompensé de son prix Clara Haskil, ou encore Bruno Helstroffer qui propose une soirée avec théorbe et poésie obligés. Marc Minkowski, les Siècles, les Cris de Paris, les Talens Lyriques, Zhu Xiao Mei seront également présents cet été, aux côtés des musiciens associés depuis longtemps à l’Abbaye. Malgré cela, il y a fort à parier que vous ne résisterez pas à vous extraire de ce lieu magique pour visiter en musique, presque chaque jour à 17 h, les églises romanes de la région, animées par de jeunes musiciens talentueux. Musique et convivialité, harmonie de pierre et de lumière, douceur de la Charente, et l’océan n’est pas loin : Saintes telle que vous l’aimez…

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2009

Festival de Saintes 2009Le Festival de Saintes a rarement cédé au rite des commémorations et anniversaires. Mais si cette 38e édition semble faire exception, c’est parce que Händel, Haydn et Mendelssohn, que nous célébrons cette année, ont bénéficié plus que bien d’autres de ce retour aux sources et de la relecture des œuvres du passé au cœur de notre démarche. De ces trois grands créateurs d’oratorios, on entendra des symphonies et l’Elie de Mendelssohn, des quatuors et des trios de Haydn,
et des Anthems de Händel, associé à Bach lors des concerts de midi ; les musiciens de la Renaissance et l’œuvre du Cantor de Leipzig demeurant les lignes forces de notre programmation. Les jeunes artistes et ensembles que nous accueillons pour la première fois à Saintes cet été ont bénéficié de l’héritage de leurs prestigieux aînés. Ils ont tiré leurs propres enseignements de la fameuse révolution esthétique des années 70, et, tantôt en opposition, tantôt en adéquation,
ont construit leur propre identité musicale sur ce passionnant terreau.
Ils apportent désormais leur pierre à l’édifice du festival.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2008

Festival de Saintes 2008L’Abbaye aux Dames de Saintes est un lieu privilégié qui crée rapidement une accoutumance chez le musicien comme le mélomane. Le premier puise dans la sérénité de l’Abbaye le recueillement indispensable à sa concentration et son travail, le second y éprouve des sensations musicales et des émotions multiples que chaque heure de la journée teinte d’une couleur particulière : le soleil de midi et Bach, l’envoûtement des concerts “en rond” du Huelgas Ensemble, l’intimité des concerts de la nuit, les concerts d’après-midi dans les églises romanes de la région… La découverte fait partie du plaisir et d’autres contrées musicales peuvent être explorées: la narration d’Adam de la Halle par les trouvères du XIIIe siècle trouvera cet été un écho lointain dans l’épopée poétique contemporaine d’Alexandros Markeas, les pianos et le clavecin seront rejoints cette année par une kyrielle d’instruments peu entendus à Saintes comme le cymbalum, le clavicorde, la domra et le bouzouki, jusqu’à l’iconoclaste guitare électrique !
On retrouvera Damien Guillon, particulièrement remarqué l’an passé et cette année en résidence, passant tour à tour du méconnu Erlebach au Bach des cantates mais aussi transcripteur du Stabat Mater de Pergolese. Une autre curiosité: Schubert vient cette année s’immiscer dans un spectacle théâtral sobre et douloureux, étrangement intitulé Repos (Ruhe). A cette occasion encore, le Collegium Vocale Gent, puisque c’est sur lui que repose la partie musicale, nous fera entendre quel organe protéiforme il est, apportant la couleur ad hoc, ici à Bach, là à Bruckner. De ce dernier, outre la messe avec vents et les motets,
la mystique huitième symphonie sera le point d’orgue du festival. Aux côtés de ces deux ménestrels de Dieu – selon le mot de Liszt –, Olivier Messiaen rejoindra ces cimes musicales pour un discret anniversaire.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2007

L’“esprit Saintes”, cette alchimie de pierre, lumière et musique se vit aussi hors de l’Abbaye. Et l’été dernier, les discrètes églises de la Saintonge romane, comme intimidées par l’ombre que pourrait leur faire l’Abbaye, n’en ont pas moins connu de jolis moments de grâce. C’est là que, cette année encore, de tout jeunes musiciens professionnels se réuniront pour nous faire découvrir des programmes rares de musique de chambre.
À l’Abbaye aux Dames comme à la Cathédrale Saint-Pierre, aux côtés des artistes en résidence au festival – la soprano Dorothee Mields, le quatuor Danel, Philippe Herreweghe, Pierre Hantaï…- vous entendrez entre autres Joël Suhubiette diriger son tout premier Bach in situ, les sonorités inouïes de Chanticleer, le quatuor Salagon, les Basses Réunies de Bruno Cocset, l’ensemble Explorations, et de jeunes talents : le pianiste Francesco Tristano Schlimé, le claveciniste François Guerrier ou la violoniste Patricia Kopatchinskaia.
Et dès le 12 juillet, pour le plus grand plaisir de son public, la lumineuse Carolyn Sampson donnera un récital de mélodies, moment privilégié et intime, impensable en ouverture il y a encore quelques années. Grâce aux artistes et au public, les temps changent ! L’esprit, quant à lui, demeure…

Stephan Maciejewski, directeur artistique

2006

Après avoir élaboré, comme conseiller puis comme directeur artistique, la programmation de 10 éditions du Festival de Saintes, je m’interroge encore souvent sur ce qui constitue l’alchimie de cette manifestation : comment peut-elle être chaque année aussi différente, et pourtant si identifiable ? Et comment cela ne peut-il être qu’à Saintes et nulle part ailleurs ? La réponse tient en partie à la présence récurrente de Philippe Herreweghe et de Paul van Nevel, indispensables inspirateurs, et entourés chaque année d’éminents solistes et chefs nés à la musique dans les années 80. Mais c’est l’Abbaye aux Dames elle-même qui est sans nul doute à l’origine du charme qui opère depuis 35 ans sur ce festival qui lui doit tout. D’autres musiciens découvrent chaque année la magie de ce lieu, s’en imprègnent, ressentent son charme addictif et y donnent tout naturellement le meilleur d’eux-mêmes. Carolyn Sampson, le quatuor Minguet, Thomas Bauer, Daniel Reuss, Alessandro Moccia qui ont déjà montré à Saintes la diversité de leurs talents seront à nouveau au rendez-vous.
Ils seront rejoints par de jeunes ensembles et solistes qui agitent le monde musical ces dernières années et qui feront leurs débuts ici : La Chapelle Rhénane donne sa vision d’un Schütz étonnamment juvénile, la Capilla Flamenca dissèque la messe l’Homme armé, le Concert Français et un Pierre Hantaï chef, les Folies Françoises et Patrick Cohen-Akenine qui déclinent le mythe d’Orphée, Salomé Haller dans un récital « hors des sentiers battus », et puis Hélène Schmitt, Stéphanie-Marie Degand, Amandine Beyer, Jane Peters, bref la fine fleur des jeunes violonistes françaises mettant sérieusement à mal la parité de ce cru 2006. Tous sont ici garants de la vitalité du festival. Enfin, plus que jamais, il me semble essentiel de privilégier à l’Abbaye les chefs-d’œuvre du passé (reconnus ou à découvrir) : la musique de Josquin Desprez, Pierre De La Rue, Palestrina, Lassus, Jachet de Berchem, les cantates, les suites d’orchestre, les sonates et partitas de Bach, et aussi Brahms, Schubert et même Mozart (auxquels des soirées sont consacrées), ainsi que des pièces maîtresses du XXe (Bartók, Crumb, Berio, Lutoslawski, Rihm ou Eric Tanguy). Car l’Abbaye aux Dames mérite la meilleure musique. À la mesure de son inaltérable beauté.

Stephan Maciejewski, directeur artistique

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